Appelés à devenir prêtres
Vidéo
Production: L'Oeuvre des Vocations du Diocèse de Montréal
Réalisation: Centre St-Pierre
Date: 3 mai 2000
Transcription
Alain Mongeau
Bonjour je suis Alain Mongeau, directeur-adjoint à l'Oeuvre des Vocations pour le Diocèse de Montréal.
On voudrait réfléchir ensemble aujourd'hui sur la
vocation de prêtre: en particulier sous l'angle de ces personnes
qui ont été mises sur notre route pour nous interpeller
et éveiller en nous, puis nous accompagner tout au long de notre
cheminement vocationnel.
Dans cette vidéo on voudrait aborder cette question sous trois aspects:
- Quelle est votre histoire, en particulier quelle est l'histoire de
votre vocation ? Qu'est ce qui a été éveilleur de
votre appel ?
- Ensuite qu'est-ce qui vous dynamise dans l'exercice quotidien de votre ministère ?
- Et enfin comment est-ce que nous accueillons et comment
accompagnons-nous les jeunes qui pensent à s'engager dans la
voie du sacerdoce ?
En écoutant cette vidéo on espère que vous
saurez être renouvelés dans la joie de votre propre appel,
pour être mieux à même peut-être d'accompagner
des jeunes et de les aider à considérer dans leur vie
l'appel de Dieu.

Michel Lafleur
Je m'appelle Michel Lafleur, je suis prêtre depuis quatre ans,
j'ai été ordonné voilà 4 ans, et puis je
viens de Laval mon lieu d'origine. Je suis né à Laval,
j'ai également fait mes études là-bas, en fait, le
fait est que je suis un pur sang, ou un pur laine Lavallois.
Alors mon appel moi ça a été un peu
différent. Disons qu'actuellement je suis curé d'une
nouvelle unité pastorale de Sainte-Bernadette-Soubirous et
Saint-Damase; et on m'aurait dit est-ce que toi tu penses un jour
devenir curé ? Cela n'a jamais été le cas pour
moi, l'idée ne m'a jamais traversé l'esprit, cela a
été tout à fait fortuit.
Alors, j'ai fait mes études, tout allait bien, sauf qu'il est
arrivé deux instances là, j'ai perdu... j'ai eu une
histoire de coeur qui a mal terminé et puis j'ai perdu mon
emploi. Alors ça m'a fait réféchir et c'est
là que à travers cette épreuve j'ai
découvert Dieu dans ma vie et à ce moment là, bien
j'ai voulu lui consacrer ma vie, et cherchant un peu où je
voudrais, où je voulais consacrer ma vie à Dieu,
hé bien un appel m'est venu à l'intérieur de
moi-même: "d'aller ou personne ne voulait aller de faire ce que
personne ne voulait faire et de prendre soin des gens que personne ne
voulait prendre soin".
Alors j'ai cherché et au bout d'un certain temps, moi j'ai pu
trouver ça chez les Missionnaires de la Charité qui est
la communauté de Mère Thérésa de Calcutta.
Alors à ce moment là j'ai joint la communauté, je
suis allé à Los Angeles qui était la maison la
plus proche du Québec et là-bas, bien j'ai fait ma
formation de manière à ce que j'aie pu servir le Christ
parmi les plus pauvres: parmi les latino-américains qui sont
illégaux en Californie, parmi les sidéens à
Philadelphie, parmi les sans domicile fixe en France, les Caminanti qui
sont les gitans en Sicile. Alors je suis allé dans plusieurs
pays où j'ai pu vraiment être au service de
l'Église, à prendre soin des plus pauvres parmi les
pauvres.
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"j'ai cherché et au bout d'un certain temps, moi j'ai pu
trouver ça chez les Missionnaires de la Charité qui est
la communauté de Mère Thérésa de Calcutta"
|
Et puis là vous allez dire: bien comment cela se fait,
là on parle de prêtrise et tu nous parles de missionnaire,
eh bien ça s'en vient. En fait lorsque j'étais à
Paris le supérieur de la maison, Mère
Thérésa, était venue, elle avait un chapitre
général qui se faisait à Paris et puis à
cette occasion j'ai pu la rencontrer et puis elle m'avait
demandé de devenir prêtre à plusieurs reprises mais
à l'époque moi je n'étais pas
intéressé. J'étais heureux avec les missionnaires
de la charité j'étais très content alors je me
disais pourquoi changer si je suis heureux comme ça.
Alors, quand j'étais rendu à Rome, où ce qu'on
visitait les bidonvilles, les hopitaux, les prisons etc, encore une
fois j'ai rencontré Mère Thérésa. Puis
là comme elle avait plus de temps de disponible avant son
prochain voyage elle a pu nous dire avant qu'on entreprenne une
retraite le pourquoi, elle voyait que je devais peut-être songer
à la prêtrise.
Alors, pour elle c'était évident que le travail que je
faisais c'était bien, mais qu'on pouvait faire quelque chose de
plus pour le Christ, on pouvait consacrer sa vie comme prêtre.
Alors, elle disait que dans les pays du tiers-monde pour aider les
plus pauvres ... tout être humain est formé d'un âme
et d'un corps, alors pour répondre à leur besoin,
spirituellement les plus pauvres ont un contact et une vie spirituelle
remplie, puisqu'ils pensent à Dieu à tous les jours,
chaque fois qu'ils ont faim, qu'ils ont soif qu'ils sont
blessés, Dieu est à côté d'eux et qu'il
restait simplement à s'ocuper du côté physique des
personnes. Alors offrir un bol de riz, une couverture, était
toujours quelque chose de facile à faire, mais elle se disait
que à l'époque en 90, bien on avait besoin de
prêtres et que si je me sentais appelé à la
prêtrise et prêt à faire des études pour la
théologie, bien que je me devais de mettre ces talents que le
Christ m'avait donnés au service de l'Église en devenant
prêtre.
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"Alors, pour elle (Mère Thérésa) c'était
évident que le travail que je faisais c'était bien, mais
qu'on pouvait faire quelque chose de plus pour le Christ, on pouvait
consacrer sa vie comme prêtre."
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Alors, elle disait que je devrais probablement être
appelé à retourner d'où je venais, au Canada, et
que là bien c'est facile on n'a pas de bol de riz à
donner puisque les gens sont bien nantis physiquement,
matériellement, mais que si on offrait un bol de Dieu, bien
beaucoup le refuseraient parce qu'ils n'étaient pas
intéressés.
Elle voyait que c'était là que j'étais
appelé et que je me devais de consacrer ma vie à
ça, que j'aurais beaucoup d'efforts à fournir, beaucoup
de difficultés aussi, mais que, il y aurait probablement peu de
résultats, mais que je me devais d'être là
quand-même.
Alors j'ai entrepris cette retraite, puis c'était clair pour
moi que je n'appartenais pas à Saint-Francois-d'Assise qui avait
joué également un grand rôle dans mon appel, je
n'appartenais pas à mère Thérésa, mais
j'appartenais au Christ, si le Christ avait besoin de prêtres en
1990 bien moi en toute honnêteté et en toute
sincerité je ne pouvais pas le refuser.
Alors j'ai accepté de revenir à Montréal pour
faire mes grandes études au Grand Seminaire de Montréal.
Et on peut dire que peut-être c'est un changement d'orientation,
mais en fait ça fait une boucle puisque l'appel que j'avais
reçu au tout début était de faire ce que personne
ne voulait faire, d'aller où personne ne voulait aller et
prendre soin des gens que personne ne voulait prendre soin et je pense
que la vocation presbytérale aujourd'hui répond à
tout cela.
Pierre Murray
Alors je m'appelle Pierre Murray je suis prêtre du
diocèse de Montréal depuis presque neuf ans bientôt
et je suis présentement curé depuis un an et demi de la
paroisse Sainte-Madeleine à Outremont.
Si je fais avec vous l'histoire brièvement de ma vocation,
bien je dois dire que tout d'abord je n'ai à peu près
jamais pensé à devenir prêtre, c'est une
idéee qui ne m'a jamais traversé l'esprit pendant mon
enfance, pas plus que pendant l'adolescence.
C'est venu comme par la porte d'en arrière: j'étais
membre du mouvement scout et le curé de la paroisse d'alors, la
paroisse Sainte Yvette à Montréal, Marcel Bircher, s'est
impliqué dans ce mouvement scout, si bien qu'avec plusieurs
camarades on passait facilement une soiréee par semaine avec
lui, et il s'était lié de bons rapports d'amitié
avec lui, si bien que on allait souvent avec lui dans les camps scouts,
mais aussi il passait ses vacances avec nous.
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"avec plusieurs camarades on passait facilement une soiréee
par semaine avec lui, et il s'était lié de bons rapports
d'amitié avec lui"
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Je me souviens d'une fois où on avait eu la géniale
idée d'aller passer plus de trente jours dans la forêt au
Michinamicus, çà c'est trois arbres passé
l'endroit où l'on est perdu, tellement c'est loin dans le grand
nord. Et puis on a décidé d'aller là trente jours
et plus sans apporter autre chose que quelques légumes avec
nous, à manger. On devait essayer de prendre du poisson,
heureusement on en a pris beaucoup. Je dois avouer qu'après
ça, j'ai été un bon bout de temps sans manger de
poisson, dans tout ça.
Je raconte ça parce que c'est à travers ces petites
aventures-là qui se situaient parfois sur de longues
périodes de temps que l'on était amené à
discuter de toutes sortes de choses avec Marcel, moi et les autres et
à travers tout ça s'est dessiné un lieu où
l'on pouvait poser des questions, exprimer notre quête
spirituelle, lui,... l'interroger sur la théologie
l'Église, le Christ, la Bible, et il s'est créé un
intérêt assez passionnant de ce
côté-là, un intérêt réciproque
je pense.
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"c'est à travers ces petites aventures-là qui se
situaient parfois sur de longues périodes de temps que l'on
était amené à discuter de toutes sortes de
choses... à travers tout ça s'est dessiné un lieu
où l'on pouvait poser des questions, exprimer notre quête
spirituelle"
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Et je devais avoir environ 17 ou 18 ans, je me souviens on
était en train de préparer la liste d'épicerie
pour un de ces fameux camps scouts. Et entre les oignons et les patates
ou quelque part par là, à brûle pourpoint il me
regarde et il me demande: "Est-ce que t'a jamais pensé devenir
curé ?..." Alors évidemment on a laissé de
côté la liste d'épicerie pendant un bout de temps,
pour dire que: bon bien moi je ne me sentais pas appelé, j'avais
jamais eu d'apparitions, j'avais jamais entendu de voix, j'avais jamais
eu ce genre de truc, c'était l'image que j'avais de la vocation.
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"à brûle pourpoint il me regarde et il me demande: "Est-ce que t'a jamais pensé devenir curé ?..."
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Alors, petit à petit au fil des semaines, des mois, il m'a
aidé à clarifier tout ça: qu'est-ce que n'est pas
la vocation... qu'est-ce que c'est... et si bien que à travers
ces discussions-là j'en ai venu à avoir le sentiment, la
conviction que ouais, que j'étais peut-être appelé
à devenir prêtre.
Alors c'est çà qui fait l'histoire de ma vocation,
c'est des petits gestes fortuits, mais surtout l'amitié, puis le
contact je dirais privilégié que j'ai pu avoir avec un
homme comme Marcel Bircher; qui m'a introduit lui, à d'autres
prêtres, André Labossière par exemple. Mais c'est
grâce à ça, ce lien privilegié que j'avais
avec lui, ou on pouvait parler de choses et d'autres, qui pouvaient
nous initier à des termes de spiritualité, de
prière, de théologie de réflexion, que l'on a pu
vraiment, enfin pour ma part j'ai pu vraiment approfondir ma foi
jusqu'à découvrir un appel presbytéral.
Denis Dion
Mon nom est Denis Dion, je suis stagiaire et j'ai commencé
mon stage en 98, et j'ai été ordonné diacre il y a
environ un an. Je vais être ordonné prêtre dans
quelques semaines et je suis en stage à la paroisse
Saint-René-Goupil actuellement, un milieu très beau,
très particulier, multiculturel; alors c'est un lieu riche
d'expériences.
Alors, d'où est venue cette idée de devenir
prêtre ? Moi je pense que c'est par des personnes que le Christ
m'a interpellé. Je crois beaucoup que le Christ a utilisé
des gens, pas utilisé mais a passé par des gens pour
venir me rejoindre puis m'interpeller, en quelque part.
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"c'est par des personnes que le Christ m'a interpellé"
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Je vais toujours me rappeler d'un ami d'enfance, on était...
j'aimais ça aller veiller, prendre un verre dans les bars et je
me rappelerai toujours de ce soir là, on discutait de tout, de
ce qu'on faisait, de la pluie et du beau temps et un moment
donné, bon, il me dit: "T'a jamais pensé à faire
un prêtre toi Denis ?" Wowe!... alors bon sur le coup j'accueille
ça avec une certaine réserve, en me disant c'est pas pour
moi, ça c'est pour les autres, mais ça fait partie d'un,
quand je regarde tout ça, c'est un élément qui est
apparu un moment donné dans mon cheminement, qui est, qui a
été fort, quand je faisais la relecture de tout ça.
Je me rappelle un moment donné quand ça commencait
à bouillonner un peu en dedans, bon, j'ai dit je vais aller
rencontrer le prêtre qui est dans ma paroisse. Fait que, je
prends rendez-vous avec lui, je m'en vais le voir, il m'acueille, il
dit: "Denis, je savais que t'allais venir me voir un jour :-)... alors
euh je dis pourquoi ? qu'il me dit ça.. :-) et par après
j'ai su un peu, parce qu'il s'était confié à un
couple d'amis que je connais bien, il s'était confié
à eux en disant: "Denis il va finir comme prêtre" et j'ai
su ça par après; alors c'est... puis là maintanant
il est décédé, il est mort d'un cancer ça
fait à peu près 8-9 ans. Alors pour moi ça a
été très fort de savoir ça... qu'il me
voyait comme prêtre et qu'il voyait en moi ces
capacités-là.
Et c'était un bonhomme aussi très proche des gens, et
j'étais beaucoup attiré par lui. Un homme qui parlait du
Christ dans une ferveur là... qui était convaincu dans ce
qu'il disait. Moi ça m'a attiré. Et c'est un bonhomme
aussi qui était pas gêné d'interpeller. Je me
rappelle qu'il interpellait quasiment deux fois par année. Il
disait: écoutez, vous savez, on a de moins en moins de
prêtres, et on a besoin de prêtres pour faire
Église. Et il revenait deux fois par année et à
chaque fois ça venait me triturer, ça venait me chercher
profondément, et je dirais que indirectement toutes ces
interpellations-là ont fait en sorte qu'à un moment
donné ça m'a amené à une réflexion
très sérieuse.
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"c'est un bonhomme aussi qui était pas gêné
d'interpeller. Je me rappelle qu'il interpellait quasiment deux fois
par année. Il disait: écoutez, vous savez, on a de moins
en moins de prêtres, et on a besoin de prêtres pour faire
Église. Et il revenait deux fois par année et à
chaque fois ça venait me triturer, ça venait me chercher
profondément"
|
J'ai été chanceux parce que j'ai côtoyé
tout au long de ma vie des prêtres qui... je sentais qu'ils
vivaient-là ce qu'ils disaient et ils n'ont pas eu besoin de
faire de longs discours avec moi. Ils m'interpellaient par leur
façon d'être, comprends-tu et pour moi c'était
interpellant, parce que je me disais, je les regardais faire puis je me
disais ah ...c'est intéressant. Et puis je pense que quand je
regarde tout ça, ils ont influencé et tous ceux que j'ai
côtoyé ont influencé, chacun à leur
manière, ce que je suis actuellement. Et c'est sûr bon...
par leur témoignage; je crois aussi bon que c'est le Christ qui
nous façonne aussi là à travers tout
çà-là, c'est lui je pense, c'est lui qu'on veut
suivre et il y a des témoins qu'il place sur notre route et qui
font en sorte que, qu'il nous guide à travers tout
çà-là. Moi je dis que je suis choyé d'avoir
rencontré ces prêtres-là, malheureusement il y en a
plusieurs qui sont décédés aujourd'hui-là,
je remercie le bon Dieu de les avoir placés sur ma route.
Alain Faubert
Je pense qu'il y a une différence entre voir des
prêtres agir, se promener, puis vraiment rencontrer un
prêtre.
Et je crois que le premier prêtre que j'ai rencontré,
c'était alors que j'étais étudiant en génie
physique à l'école polytechnique de Montréal.
C'est un prêtre qui est arrivé dans un groupe de jeunes
auquel je participais et qui est venu s'asseoir avec nous et, dans le
simple geste d'être venu s'asseoir avec nous en indien autour de,
autour je dirais... de la bible qu'on avait placée au centre, et
puis de venir simplement nous dire: Salut je m'appelle Guy, comment
ça va vous autres ! ...un jeune prêtre faut quand
même le dire, il venait d'être ordonné, il avait 26
ans je crois. Mais moi ça m'a beaucoup frappé, ça,
ce premier contact-là, avec un être que j'ai perçu
profondément humain, profondément humain... et capable de
rire capable d'écouter aussi beaucoup, puis en même temps
profondément imprégné d'évangile. Capable
donc de faire référence dans sa vie à
l'évangile, à ce que cette parole de Dieu pouvait lui
apporter. Alors moi ça m'a, tout de suite ça m'a
allumé je me suis dit: qu'est-ce que c'est ça cette
affaire-là, cette personne là qui vient s'asseoir avec
nous. D'entrée de jeu je me disais, mon doux il est donc humain.
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"C'est un prêtre qui est arrivé dans un groupe de
jeunes auquel je participais et qui est venu s'asseoir avec nous...
Mais moi ça m'a beaucoup frappé, ça, ce premier
contact-là, avec un être que j'ai perçu
profondément humain, profondément humain... et capable de
rire capable d'écouter aussi beaucoup, puis en même temps
profondément imprégné d'évangile."
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À force peut-être de voir, moi, des prêtres
célébrer l'eucharistie, avoir les bras en croix puis dire
"Le Seigneur soit avec vous," bien je pouvais percevoir que
c'étaient des hommes du sacré. À travers Guy j'ai
commencé à comprendre que le sacré chrétien
c'était "à ras les pâquerettes", t'sais là,
dans le "quotidien". Ce qui m'a beaucoup frappé aussi c'est
qu'il avait un rire très sonore le bonhomme, il riait à
gorge déployée, puis ça nous faisait rire de le
voir rire, puis en même temps ça nous questionnait t'sais
ça nous disait: "il a l'air heureux, il a l'air
profondément heureux comme prêtre, comme être
humain". Je peux vous avouer que je suis allé faire du ski de
fond avec lui, ça m'a un peu surpris de voir qu'il était
capable d'en faire :-) et puis à ?, hé bien j'ai
rencontré d'autres prêtres, et vraiment, c'est ça
bon j'avoue ma naïveté, je ne savais pas que des
prêtres pouvaient avoir une vie épanouissante, une vie de
fraternité.J'ai rencontré un prêtre au travers Guy
qui faisait un fantastique poulet aux fines herbes, je me suis dit: mon
doux, un prêtre ça fait la cuisine ? ben oui un
prêtre ça mange, un prêtre ça va à
toilette... un prêtre ça vît quoi. Et puis, de voir
aussi à travers ces gens-là l'évangile, des
passionnés d'évangile.
Alors c'est sûr que cette interpellation-là moi elle
m'a beaucoup touché dès le début-là,
à un point tel que oui, j'ai quitté mes études
à l'École polytechnique de Montréal pour commencer
un temps de réflexion, qui m'a amené au Séminaire
quelques années plus tard. Pour moi il y a eu les prêtres
qui ont été importants mais il y aussi eu la
découverte de l'Église. Je voyais les prêtres agir
je trouvais ça fantastique, mais j'avais pas encore fait le lien
avec l'Église. Pour moi l'Église demeurait une
institution, quelque chose d'un peu froid, quelque chose d'un peu
lointain et c'est en Haïti où j'ai passé une
année comme missionnaire, comme coopérant laïque
avec une communauté religieuse que là j'ai vu un autre
visage de l'Église, une Église profondément
impliquée dans le devenir d'une communauté humaine, dans
la libération d'un peuple, parce que j'étais là en
Haïti au moment où Duvalier a quitté, là sous
la pression populaire et aussi sous l'action de l'Église et de
l'Église je dirais majoritairement composée de jeunes.
Alors moi-même qui étais, j'étais jeune à
l'époque, ça m'a beaucoup interpellé. Je me suis
dis: tiens j'ai peut-être une place dans cette
Église-là et peut-être que ma place dans cette
Église-là ce serait d'être prêtre dans cette
Église-là; donc au service du peuple de Dieu au service
de sa libération intégrale, sa libération
authentique.
Alain Mongeau
Quel prêtre n'a pas son histoire ?
On vient d'en entendre toute une série et vous avez aussi la vôtre.
Nous allons maintenant prendre un moment pour nous asseoir en petits
groupes et nous partager tout simplement ces merveilles que Dieu a fait
dans notre vie et en particulier sous l'angle de ces personnes qui ont
su être pour nous des éveilleurs.

Germain Lecavalier
Alors, mon nom est Germain Lecavalier, je suis prêtre depuis
35 ans bientôt dans quelques semaines, j'ai été
ordonné le 15 mai 1965. Et depuis ce temps bien j'ai
exercé mon ministère on peut dire en deux grandes
périodes différentes d'abord les 25 premières
années je fus dans le ministère paroissial, un
ministère que j'ai beaucoup aimé comme vicaire d'abord et
comme curé par la suite, et puis depuis bientôt 10 ans je
suis vicaire épiscopal de l'une des régions du
diocèse, la région nord.
Le ministère que j'ai vécu est bien différent
aujourd'hui de celui qu'il était il y a 35 ans. Et à ce
moment là bien sûr j'étais jeune il y avait
beaucoup de, beaucoup de nouveautés qui se présentaient,
c'était à la fin du concile Vatican et à ce
moment-là bien on voyait toutes sortes de projets et puis de
renouveau possible, puis c'était intéressant. Ce qui m'a
motivé moi, j'ai beaucoup aimé le ministère
paroissial, c'est le contact avec les gens. J'ai appris beaucoup des
gens que j'ai rencontré, j'ai été
émerveillé de la générosité, du don,
du courage, de la bonté des gens, qui vivaient des choses dans
le quotidien.
|
"Ce qui m'a motivé moi, j'ai beaucoup aimé le
ministère paroissial, c'est le contact avec les gens. J'ai
appris beaucoup des gens que j'ai rencontré... et ça m'a
aidé dans mon ministère... je suis conscient que j'ai
été l'instrument de Dieu pour apporter du soutien... par
l'accueil que je leur manifestais, par la parole que je leur donnais"
|
Et ça c'était motivant pour moi, j'ai appris beaucoup
et ça m'a aidé dans mon ministère sûrement.
ça m'a aidé à approfondir ma foi et aussi et
à garder mon espérance. Puis aussi je suis conscient que
j'ai été l'instrument de Dieu pour apporter du soutien
à une multitude de personnes, un peu comme on donne à
boire à quelqu'un qui a soif j'étais conscient que
souvent des gens se présentaient à moi et par l'accueil
que je leur manifestais, par la parole que je leur donnais, bien cela
leur apportait comme un nouveau souffle, ça leur apportait un
réconfort, ça leur apportait un goût de vivre sur
le plan humain, bien sûr d'abord mais aussi sur le plan spirituel
souvent et pourtant pour un bon nombre cela leur a aidé
sûrement à progresser dans la foi.
|
"...je sens que l'Esprit est là en train de refaire son
Église, en train de la, on pourrait dire de l'émonder,
pour qu'elle soit en mesure de prendre une nouvelle, une nouvelle
période d'évangélisation"
|
Ce qui me motive aujourd'hui, c'est que je trouve que
l'Église vît une grande période de son histoire une
période sûrement très exigeante bouleversante mais
une période je pense fascinante aussi. C'est sûr que c'est
dérangeant, mais à regarder ce qui se passe, je sens que
l'Esprit est là en train de refaire son Église, en train
de la, on pourrait dire de l'émonder, pour qu'elle soit en
mesure de prendre une nouvelle, une nouvelle période
d'évangélisation. Et ça je trouve ça riche;
c'est sûr que c'est dérangeant, que c'est difficile, mais
je trouve ça intéressant de pouvoit vivre à cette
époque-là.
Pierre Labossière
Je suis Pierre Labossière, je suis curé de la paroisse
Saint Stanislas à Montréal. J'ai un certain nombre
d'années de prêtrise, vous le voyez, ça fait 43 ans
déjà, que j'ai la joie d'être prêtre puis
c'est vraiment une joie qui ne s'est jamais démentie.
Puis encore aujourd'hui comme curé, bien avec toutes les
personnes que je rencontre, je vis cette relation, j'essaie de faire
vivre aux gens cette relation, que je calcule moi extraordinaire de,
avec Jésus-Christ. Bien sûr Jésus-Christ change
pas, il est toujours le même, mais les gens changent ce qui fait
qu'à chaque contact, à chaque fois que je rencontre des
personnes qui viennent, soit pour un sacrement, soit pour un service,
les funérailles, les mariages, les baptêmes; bien c'est
toujours un contact nouveau que j'essaie de faire établir entre
les gens puis Jésus-Christ, pour que, parce que moi je suis
certain que Jésus-Christ peut les faire grandir, alors à
ce moment-là bien je tiens compte d'eux, je jase avec eux, je
vois un peu où ils en sont puis j'essaie de leur faire faire un
pas, grâce à l'activité qu'ils vont vivre.
|
"...je jase avec eux, je vois un peu où ils en sont puis
j'essaie de leur faire faire un pas, grâce à
l'activité qu'ils vont vivre... le Seigneur vient, et l'Esprit
Saint, il nous assiste, il nous aide...je suis toujours
émerveillé quand les gens me disent un moment
donné bien Merci Monsieur l'abbé, vous nous avez
éclairés... je repars, j'éteins le cierge pascal,
je ferme les portes de l'Église, je fais sonner les cloches puis
je dis ça y est Seigneur, tu viens encore de faire un bout avec
des gens."
|
Des fois j'ai pas le goût, quand je fais des baptêmes
par exemple puis que je vois arriver 100 - 150 personnes puis qui sont
plus sur le party que sur la théologie, hein bon, ou sur la
liturgie, je me dis Bon ! je fais quoi là-dedans. Mais, je ne
sais pas, le Seigneur vient, et l'Esprit Saint, il nous assiste, il
nous aide, il nous appuie, puis je, à chaque fois, je reprends
cette catéchèse que je fais toujours à l'occasion
du baptême et puis je suis toujours émerveillé
quand les gens me disent un moment donné bien Merci Monsieur
l'abbé, vous nous avez éclairés sur certaines
choses. Bien si je les ai éclairés sur certaines choses
je les ai éclairés sur Jésus-Christ j'en suis
certain. Puis je repars, j'éteins le cierge pascal, je ferme les
portes de l'Église, je fais sonner les cloches puis je dis
ça y est Seigneur, tu viens encore de faire un bout avec des
gens.
Les fins de semaine pour moi, là c'est ... c'est de la
dynamite, parce que on se revoit, je revois les personnes, on parle, on
échange à la sortie de l'Église, des fois entre
les messes. Puis présider l'eucharistie c'est rassembler les
gens, puis j'ai vraiment cette certitude en chaque
célébration qu'on fait, davantage les fins de
semaine-là parce que la plus grande partie de la
communauté est là. C'est de dire, bien
Jésus-Christ voici tes gens, puis je suis avec eux, puis je suis
heureux de te donner à eux. Puis des fois eux-autres ils me
disent: bien on est bien content que vous nous donniez
Jésus-Christ, qu'est-ce qu'on veut de plus ? Avec
çà-là tu fais un sapré bout de chemin.
C'est un peu comme, bon ça c'est les 6 dernières
annéees de ma vie. Je vous conterai pas les 37 qui ont
précédé parce que vous allez trouver ça
long.
Roger Dufresne
Ce qui me motive à être prêtre aujourd'hui c'est
parce que je sais que Jésus-Christ est là. Je sais que
Jésus-Christ y est là puis qu'il ce.. c'est
extraordinaire de le voir comment il est présent comment il
travaille, comment il est actif. Puis ça c'est très
intéressant parce que sans ça je me découragerais.
Là il est là, il travaille, puis il m'invite à
collaborer avec lui. Qu'est-ce qui arrive, qu'est-ce que je peux faire
avec lui ? Probablement c'est d'essayer de rejoindre les gens.
Rejoindre les gens pour vivre avec eux-autres l'évangile.
Ça c'est pas compliqué: on essaye de s'accueillir
mutuellement, on se rencontre, on, je vais chez les gens, un peu comme
Jésus. Jésus lui il n'est pas resté assis à
Nazareth ou à Jérusalem attendant que les gens viennent
le voir, il a fait le tour, de la Galilée, de la Samarie, de la
Judée. Il a été se promener il a été
voir le monde chez eux. C'est ça qui me dynamise ici de... c'est
de faire comme Jésus d'aller voir le monde chez eux. Leur dire
comment, ce qui.., c'est extraordinaire de vivre l'évangile,
c'est extraordinaire de, de vivre, de s'aimer, de s'accueillir
mutuellement. Ça c'est, c'est une chose qui me dynamise de
savoir que Jésus est là, Jésus interpelle aussi
ces gens-là.
|
"...c'est extraordinaire de vivre l'évangile, c'est
extraordinaire de, de vivre, de s'aimer, de s'accueillir mutuellement.
ça c'est, c'est une chose qui me dynamise de savoir que
Jésus est là, ...c'est dynamisant aussi de voir le,
l'espérance que les gens ont quand ils apprennent à se
rencontrer, quand ils apprennent à s'aimer, quand ils apprennent
à découvrir qu'ils sont quelqu'un, puis qu'ils sont
importants pour Jésus."
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C'est pas parce qu'ils ne sont pas ici à l'église,
qu'ils sont pas interpellés par Jésus. Jésus les
interpelle dans leur coeur. Puis il se sert de nous aussi. Jésus
n'a pas voulu, il a pas voulu fonctionner tout seul, il a voulu
fonctionner avec nous. Alors c'est ça qui est
intéressant. Jésus veut avoir besoin de nous-autres. Et,
et comme prêtre, bien moi j'ai à interpeller aussi
d'autres personnes autour de moi pour qu'ensemble on puisse vivre cette
bonne nouvelle-là puis la partager avec les autres. Ça
c'est dynamisant, c'est dynamisant aussi de voir le, l'espérance
que les gens ont quand ils apprennent à se rencontrer, quand ils
apprennent à s'aimer, quand ils apprennent à
découvrir qu'ils sont quelqu'un, puis qu'ils sont importants
pour Jésus.
Alain Faubert
Ce qui me passionne vraiment dans mon ministère c'est les rencontres.
Les gens que je peux côtoyer, c'est là ou je goûte vraiment à ce pourquoi je suis devenu prêtre.
Encore ce matin, là, j'ai rencontré une jeune femme de
29 ans, qui euh... bon: des tentations suicidaires, qui se
démène dans une culpabilité extrême, puis
qui a... on a pris une heure, on a pris une heure pour essayer de
débusquer les visages de Dieu qu'elle avait, puis essayer de
voir que Dieu n'était pas en train de l'accuser pour un paquet
de choses qu'elle avait pu commettre dans son passé.
Alors tu vois, dans cette rencontre-là même si je ne
suis pas psy, simplement d'aider les gens à se dire et à
trouver des pistes de sens dans leur vie pour moi ça c'est
beaucoup dans mon ministère.
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"...c'est une passion, de voir où l'évangile va
toucher les gens où le Seigneur attend les gens, dans le
détour comme on pourrait dire, ça c'est fantastique."
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C'est drôle hein, tous les chemins mènent à ce
sofa, tu as des couples qui vivent ensemble depuis 15-20 ans, de ce
temps-ci j'en accompagne 2-3, des couples qui sont ensemble depuis
15-20 ans puis se disent: "pourquoi on se marierait ?" Puis là
on vient réfléchir ici puis on arrive à se dire,
pourquoi, pourquoi on irait pas, pourquoi on se marierait, pourquoi ne
pas y aller, maintenant que toutes les bonnes raisons sociales sont
évacuées, puis qu'on trouve maintenant qu'il y a
Jésus-Christ qui pourrait être au coeur de notre projet,
pourquoi ne pas y aller, puis... on y va. Et puis on chemine
là-dedans on fait des découvertes là-dedans. Alors
d'aider les gens à trouver peut-être cette présence
cachée du Seigneur au coeur de leur vie, mois ça me
passionne, c'est c'est... je dirais que c'est, c'est presque ludique,
c'est presque un jeu en quelque part, mais en fait c'est plus qu'un jeu
c'est une passion, de voir où l'évangile va toucher les
gens où le Seigneur attend les gens, dans le détour comme
on pourrait dire, ça c'est fantastique.
Alain Mongeau
Personnellement c'est l'euchariste ou la rencontre des gens qui font
la plus grande joie de mon ministère de prêtre.
On vient d'entendre toute une série de témoignages, vous avez aussi le vôtre.
- Qu'est-ce qui vous dynamise dans l'exercice quotidien de votre ministère de prêtres ?
- Qu'est-ce qui fait que vous êtes encore prêtres aujourd'hui, et heureux de l'être ?

Gérard Martineau
À l'époque ou j'ai rencontré Jean,
j'étais diacre euh ici et le bureau que j'avais était
dans le fin fond de l''église, j'avais un local pour les ados et
c'est ça on s'est rencontré un journée, Jean est
venu, Jean travaillait avec les louvetaux et les scouts, et bon il
avait des questions là-dessus et en même temps il avait
une question de vocation, une question peut-être de donner sens
à sa vie.
Alors, lorsque je rencontre des personnes qui justement viennent me
parler de ce sens de leur vie, de la présence de Dieu dans leur
vie, pour moi c'est toujours quelque chose que j'accueille avec
beaucoup de respect, beaucoup de de délicatesse aussi parce que
c'est quand-même quelque chose d'important, c'est quelque chose
qui touche la profondeur de leur vie puis je pense qu'il faut
être três attentif à ce qu'ils peuvent nous dire. Je
me suis apercu rapidement que Jean c'est un jeune homme qui aimait
beaucoup Dieu.
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"lorsque je rencontre des personnes qui justement viennent me parler
de ce sens de leur vie ...je pense qu'il faut être três
attentif à ce qu'ils peuvent nous dire"
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Dont la présence de Dieu avait toujours été
très manifeste dans sa vie et que, bon maintenant il voulait
suivre un peu ce que le Seigneur l'invitait à faire. C'est avec
le temps, en tout cas on s'est rencontré plusieurs fois, on est
devenu je pense des bons amis. Jean s'est impliqué au niveau de
la paroisse pour travailler et au fur et à mesure, Jean a pu
découvrir que peut-être Dieu l'appelait à un
ministère particulier dans l'Église: à la
prêtrise.
Jean Boyer
Moi je dis souvent que dans ma vie il y a beaucoup de femmes, il
y a beaucoup de femmes qui m'ont parlé de leur foi qui m'ont dit
quel était leur engagement au service de l'Église, mais
j'avoue que j'avais pas beaucoup de modèles d'hommes à la
suite du Christ. Et quand j'ai entendu parler de Gérard, quand
j'ai vu ce qu'il faisait, benh, et on a eu la chance justement de
jaser, et il a été un modèle intéressant
pour moi. Je dirais que ce qui m'a attiré pour lui, c'est
sûr que c'est son côté jeune et "baveux..." et comme
je l'étais aussi un petit peu, alors on s'est entendu assez
rapidement là-dessus.
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"c'est possible d'être à la suite du Christ et
d'être heureux et aussi, bon, être de bonne humeur...
Gérard a toujours été capable de rester
lui-même... c'est ça qui m'a attiré"
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Et, Gérard n'a pas eu peur de, de me donner des
responsabilités au niveau de la paroisse, quand ça
été le moment de préparer les jeunes pour la
profession de foi ou encore pour la confirmation. Et petit à
petit il me donnait d'autres responsabilités et je me suis senti
à l'aise dans cette église. Et évidemment aussi
Gérard me disait aussi écoute-là moi je pars je
m'en vais à Québec, je m'en vais à Sainte Anne; on
faisait une espèce de petit pèlerinage où j'ai
découvert dans ces moment-là aussi un monde de foi, un
monde solidement attaché au Christ et je me disais
çà, c'est possible d'être à la suite du
Christ et d'être heureux et aussi, bon, être de bonne
humeur, d'être capable de faire des blagues. Gérard a
toujours été capable de rester lui-même, il n'a pas
essayé de se cacher, de se déguiser, il était ce
qu'il était. Et moi je me dis c'est ça qui m'a
attiré, et c'est ça qui m'a permis d'aller vers lui et de
continuer à lui poser des questions sur la vocation.
Gérard Martineau
Je dois avouer que lorsque Jean a été ordonné
prêtre, ça a été pour moi un moment
extraordinaire, un moment de grande joie. Jean il dit que j'ai eu
beaucoup d'influence dans sa vie... je vous avoue honnêtement que
j'ai jamais pensé à avoir beaucoup d'influence, je
pensais pas que je faisais tant que ça. Mais finalement je me
dis c'est, pour moi c'est important qu'il y ait un appel qui soit
fait.. euh. Comment discerner un appel, mais ça je pense c'est
à long terme, je pense que une personne a besoin de d'autres
personnes autour de lui pour l'aider à discerner si le Seigneur
l'appelle. Jean a pu aller chercher les ressouces qu'il avait besoin.
Avec moi tant mieux, aussi avec le Grand Séminaire, je pense que
c'était un moyen d'aller découvrir l'appel du Seigneur.
On le sait l'appel du Seigneur ne se fait pas par
téléphone, il se fait dans le profond de notre coeur,
dans le profond de notre vécu de tous les jours. Et, bon si j'ai
pu être un instrument Dieu merçi ! mais je me dis c'est
important je pense que tous les prêtres découvrent cette
importance d'être des missionnaires de ce que nous faisons. Moi
je me dis je suis très heureux comme prêtre, ce que je
fais je trouve extraordinaire et pour moi c'est.. ça remplit
toute ma vie. Ce désir de suivre le Christ, ce désir
d'essayer de le vivre comme je le peux avec ce que je suis avec mes
limites aussi, mais d'être vraiment porteur du Christ, puis
ça c'est important de le présenter aux jeunes
d'aujourd'hui.
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"on doit appeler aussi, interpeller les jeunes. Le Seigneur lui fait
le reste mais si on interpelle pas, mais c'est sûr que le message
y passera pas."
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Je trouve ça toujours triste de rencontrer des prêtres
qui me disent, bon... je ne parle pas des vocations, ou je ne veux pas
en parler, ou j'ai de la misère à en parler, parce que je
me dis: c'est toute notre vie. Alors je pense que c'est quelque chose
qu'on doit partager, qu'on doit appeler aussi, interpeller les jeunes.
Le Seigneur lui fait le reste mais si on interpelle pas, mais c'est
sûr que le message y passera pas.
Anthony Mancini
Le travail le plus important, mon ministère comme
prêtre a été largement, même si j'ai
enseigné, il a été largement dédié
à mes confrères prêtres.
Alors pendant au moins 16 ans, je me suis occupé du
ministère auprès des prêtres, et dans ce
rôle, j'ai eu la chance de rencontrer des prêtres à
travers le pays, de Newfoundland à Vancouver, j'ai eu la chance
d'aller en Australie, au Japon, aux Philippines, pour partager un peu
cette expérience que j'ai vécue avec des prêtres.
Et j'ai eu à écouter et entendre plusieurs
prêtres s'exprimer, et ils m'ont dit souvent, que c'était
pas facile être prêtre. Et c'est peut-être une des
raisons pour laquelle les vocations sacerdotales on a un peu de
difficulté à interpeller d'autres, parce que des fois on
vit des situations difficiles. Mais même si la vie du
prêtre est des fois difficile, même si la mienne a eue des
moments ou je me suis questionné, n'empêche que pour moi,
je peux pas parler pour les autres, mais pour moi c'est resté
une conviction profonde et une vocation à laquelle je suis
revenu même quand j'ai eu à réfléchir
sérieusement sur ce qui m'attendait.
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"C'est pas la place pour quelqu'un qui cherche une vie confortable..."
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Mais c'est difficile, puis quand j'en parle à des jeunes et
quand j'ai eu le temps d'en parler à des futurs prêtres
quand j'enseignais en première année du Grand
Séminaire, j'ai toujours voulu présenter une ... la
réalité. Il faut savoir à quoi on s'engage si on
veut être prêtre aujourd'hui. Et il me semble que pour
être prêtre aujourd'hui ça prend du courage,
ça prend des convictions plus que profondes, des convictions
qui, qu'on lâchera pas. C'est pas la place pour quelqu'un qui
cherche une vie confortable... C'est pas non plus une vocation pour des
personnes qui veulent s'isoler.
Moi j'entendais souvent des critiques qui venaient et qui continuent
à venir d'ailleurs de différentes, de différents
milieux et on a une image du prêtre des fois, en anglais on dit
un "loser", on est pas des "loser" :-) à mon avis ça
prend quelqu'un qui est capable vraiment de faire face aux
difficultés de l'engagement presbytéral.
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"dans l'Église Catholique, si on n'a pas de prêtres on
n'est plus l'Église Catholique. Alors donc l'importance d'avoir
des prêtres qui sont prêts à faire ce que Dieu leur
demande. Parce qu'après tout devenir prêtre c'est pas un
choix humain, c'est une réponse humaine à une invitation
de Dieu"
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Il y en a eu qui ont quitté, je ne questionne pas leurs
motivations, ils ont quitté. Mais peut-être plus important
c'est de se questionner sur pourquoi on reste.
Je suis encore prêtre parce que j'ai eu des gens qui m'ont
appuyé, qui m'ont soutenu. C'est à cause de quelques amis
que j'ai pu persister, même à travers des moments
difficiles. Et je crois que ça c'est important pour quelqu'un
qui peut-être envisagerait la possibilité de devenir
prêtre. C'est qu'on est pas des hommes isolés, on n'est
pas hommes qui sont capables d'exister par eux-mêmes quelque part
comme des îles :-), on a besoin d'autres. Donc l'importance
d'avoir des amis, l'importance d'avoir une communauté,
l'importance d'avoir une foi profonde, qui est alimentée par
ces, ces contextes et ces liens essentiels à la vie du
prêtre.
Ça a été difficile parfois, mais ça a
aussi été magnifique. Il n'y a pas juste des peines, il
n'y a pas juste la croix, il y a aussi la résurrection, et, mais
on peut pas viser seulement la résurrection. Il faut
peut-être passer par toutes les étapes nécessaires
pour y arriver.
Alors, moi je suis très heurex d'être prêtre. Je
suis content de ce que j'ai pu réaliser jusqu'à
maintenant, et je suis très heureux d'en faire une des
priorités de mon ministère épiscopal: de faire la
promotion et de parler de l'importance du prêtre dans notre
église.
C'est vrai qu'il y a de la place pour les laïcs, c'est vrai
qu'il y a de la place pour des diacres, c'est vrai que tout ce
monde-là doivent faire ce qui leur appartient de faire. Mais je
ne cesse de répéter à certains, que dans
l'Église Catholique, si on n'a pas de prêtres on n'est
plus l'Église Catholique. Alors donc l'importance d'avoir des
prêtres qui sont prêts à faire ce que Dieu leur
demande. Parce qu'après tout devenir prêtre c'est pas un
choix humain, c'est une réponse humaine à une invitation
de Dieu.
Alain Mongeau
Il est frappant de constater à quel point nous pouvons
être différents les uns des autres, à
l'intérieur même d'un presbytérium.
Nous venons de recevoir le témoignage d'anciens et de
nouveaux prêtres, et derrière ces témoignages on
pourrait se poser la question, et c'est ce que nous allons faire pour
terminer:
- Comment est-ce que nous prêtres nous pourrions être
plus interpellants pour que des jeunes acceptent d'envisager dans leur
propre vie, l'appel de Dieu à devenir prêtres ?